Les brûlures

Les brûlures concernent 150000 personnes par an en France. 30% des victimes sont des enfants de moins de 15 ans et 70% des brûlures ont lieu à domicile ou lors de loisirs. 5% d’entre elles sont la conséquence de tentative de suicide. La main est le siège de 40 à 50% des brûlures.

   I- Anatomie de la peau

La peau est l’enveloppe de notre corps, elle nous permet de communiquer avec le monde extérieur par les sensations tactiles ainsi que par son aspect.

Elle comprend trois épaisseurs :

  1. L’épiderme, couche supérieure de la peau, séparée en deux épaisseurs: la couche basale (70% d’eau) et la couche cornée (superficielle)
  2. Le derme, beaucoup plus épais que l’épiderme, le derme fait environ 2 mm. Il se compose de deux couches. Entre les fibres du derme se trouvent entre autre, les vaisseaux sanguins et les extrémités nerveuses.
  3. L’hypoderme, tissu adipeux sous-cutané d’où partent les artères pour atteindre le derme. Il est traversé par les fibres nerveuses qui ont leurs terminaisons dans le derme.

   II- Définition

Une brûlure est une mort évolutive des tissus sous l’effet :

  • de la chaleur ou le froid (brûlure thermique) : liquides bouillants, vapeurs, glace…
  • de certains agents chimiques : produits industriels, domestiques…
  • de certains agents physiques : électricité, frottements, foudre, radiations…

La brûlure continue de progresser en profondeur et en superficie, même lorsque la cause est supprimée. Elle peut être externe (peau) ou interne (voies digestives, aériennes ou gynécologiques).

   III- Mécanismes

  1. Mécanismes thermiques

Les brûlures thermiques représentent 90% du total des brûlures. On distingue les brûlures par flammes (pétrole, essence, alcool à brûler, incendies…) et par contact (porte de four, insert de cheminée, fer à repasser, café, thé, eau, huile..)

2.  Mécanismes chimiques

Il s’agit principalement d’accidents professionnels (détergents, industries chimiques et pétrolières) et domestiques (eau de Javel, acides, Destop®…)( à noter que les brûlures par acides sont en règle générale moins profondes que les brûlures par bases si on a pris soin de laver abondamment la lésion).

3.  Mécanismes physiques

a) Brûlures électriques

    Elles sont dues au passage du courant électrique dans les zones de moindre résistance. Elles provoquent des lésions internes beaucoup plus graves que les lésions externes, avec des risques de trouble du rythme cardiaque (risque d’arrêt cardiaque) et d’insuffisance rénale par rabdomyolyse (lyse des muscles striés avec agglomération des proteïnes musculaires dans les glomérules). Pour toute brûlure électrique il est important de noter les points d’entrée et de sortie.

b) Brûlures par rayonnement

Elles sont causées par les rayons UV du soleil, rayon X (radiothérapie anti cancéreuse..).

c) Brûlures par dermabrasion

Elles sont dues à un frottement vif ou prolongé sur une surface (bitume, moquette, corde, glace..).

   IV- Eléments d’appréciation du pronostic vital et fonctionnel

Dans les cours de secourisme la notion de brûlure est traitée en terme de gravité.

  1. La profondeur d’une brûlure

a) Le premier degré

Il se caractérise par un érythème douloureux (rougeur). C’est une atteinte superficielle des couches de l’épiderme.

b) Le second degré

C’est la phlyctène ou décollement dermo-épidermique, qui se distingue également en trois stades (superficiel, intermédiaire et profond). Les terminaisons nerveuses ne sont pas atteintes et la douleur est importante.

c) Le troisième degré

C’est une atteinte de la totalité de l’épiderme. la vascularisation a disparu et l’innervation est détruite. Aspect tissulaire blanc ou noir cartonné, pas ou très peu douloureux.

Schéma des différents degrés de brûlure

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2. Facteurs de gravité d’une brûlure

a) La surface  

La paume de la main correspond à 1% de la surface corporelle totale. Une brûlure est considérée comme grave (hospitalisation) à partir de : 20% si les lésions sont superficielles, 10% si elles sont profondes, 5% chez l’enfant et le sujet âgé.

b) L’âge 

Une même brûlure est potentiellement plus grave à 70 ans qu’à 20 ans (insuffisance respiratoire).

  c) La localisation  

Les zones de grande mobilité: mains, cou, plis de flexion ont une incidence sur le pronostic fonctionnel. Une brûlure de la face entraîne un risque de lésions associées à l’arbre respiratoire, ainsi que des séquelles plastiques. Les brûlures circulaires et les bagues ont un effet garrot et entraînent un risque de compression vasculaire et nerveuse

   Quels sont les facteurs aggravants ?

Les traumatismes associés (fractures, traumatismes crâniens, lésions oculaires ou pulmonaires..), les antécédents du sujet (diabète, alcool, tabac) ainsi que les locaux clos, les liquides gras, les contacts appuyés

   V- La conduite à tenir                                        

  1. Premiers gestes 

Le lavage par ruissellement sur la peau lésée, à 10 cm environ. Pour refroidir la plaie, l’eau du robinet est tout à fait adaptée. Il faut procéder dans les 15 premières minutes et de façon répétée (minimum 5 minutes). Le refroidissement permet de diminuer la profondeur de la brûlure, d’en limiter le gonflement et bien sûr, de soulager la victime.

En cas de brûlure par flamme, «stopper, faire tomber, et faire rouler la victime». Puis, l’installer dans une position confortable, compatible avec son état, et en toute sécurité et procéder au lavage par ruissellement. Protéger si possible les parties indemnes avec un linge étanche. Sécher par tamponnement avec des compresses stériles et recouvrir les brûlures avec un linge propre et stérile.

2.  Les gels d’eau                                                                               

Ces produits sont des compresses imbibées d’eau stérile gélifiée, sous emballage stérile, et à usage unique. L’évaporation progressive des molécules d’eau permet d’absorber les calories par transfert de chaleur. Cette évaporation dure environ 30 à 45 minutes. Ils permettent de refroidir efficacement les brûlures en l’absence d’eau, en complément de l’arrosage pour les brûlures supérieures au premier degré et lorsque la brûlure date de plus d’une heure.

Ils s’appliquent directement sur la peau et doivent recouvrir totalement la brûlure, délicatement, sans appuyer.

3.  Conduite à tenir spécifiques

a) Face à une brûlure chimique

  • agir très rapidement
  • enlever les vêtements imbibés de produit, en se protégeant avec des gants
  • prendre soin de ne pas mettre le produit au contact d’autres parties du corps
  • réaliser un lavage à grande eau, même si la brûlure est ancienne
  • rechercher la nature du produit
  • utiliser les moyens disponibles sur les lieux pour lutter plus efficacement contre ce type de brûlures
  • alerter les secours
  • faire une cotation de la douleur et vérifier son évolution

b) Face à une brûlure électrique

  •  reconnaître le risque
  • couper le courant
  • préparer le matériel et le personnel en vue d’une éventuelle réanimation
  • réaliser un bilan lésionnel spécifique

c) Face à toute victime brûlée

  • O2 au masque
  • évaluer les fonctions vitales : neurologiques (la brûlure n’altère pas la conscience, ce sont ses conséquences qui l’altèrent), ventilatoires, circulatoires (pouls).
  • rechercher : des brûlures buccales, crachats noirs, dyspnée (difficulté à respirer), suie autour des orifices nasaux
  • enlever les vêtements qui n’adhèrent pas à la brûlure
  • procéder au refroidissement
  • évaluer les facteurs de gravité
  • recouvrir les brûlures
  • protéger la victime avec une couverture de survie
  • position demi-assise dans les brûlures cervico-faciales
  • passer un bilan complet et détaillé.

   VI- Que doit comporter le bilan d’une brûlure ?

  • l’âge de la victime
  • état de conscience
  • brûlure interne ou externe
  • localisation de la brûlure
  • type de la brûlure (thermique, chimique, électrique)
  • cause de la brûlure (liquide, contact, projection, explosion, produit, etc.)
  • délai entre la brûlure et la prise en charge
  • étendue (pourcentage de la surface corporelle)
  • profondeur
  • aspect (couleur, induration, phlyctènes, nécrose…)
  • stade de gravité
  • cotation de la douleur
  • bilan des fonctions vitales (pouls, tension, saturation..).
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