Les équipes de secours et le stress (2)

I. Le stress dans un contexte de catastrophe

Une situation d’urgence, de menace ou de catastrophe naturelle est un événement extraordinaire. Le stress est essentiel et naturel pour la vie, il n’est autre qu’une réponse physiologique destinée à nous protéger, à survivre devant la menace et nous maintenir vigilant afin de pouvoir revenir à la normalité le plus rapidement possible. L’organisme se prépare à répondre devant les exigences de la situation.

Toute personne, au cours de son existence, est exposée à des périodes temporaires de stress lorsque les demandes extérieures sont supérieures à celles auxquelles nous sommes habituées. Lorsque nous sommes confrontés à une menace, nous fournissons des efforts physiques et mentaux d’intensité inhabituelle. Le corps expérimente des changements à tous les nivaux, sur son système nerveux central et périphérique.

A cet instant le corps se retrouve en alerte et peut présenter les caractéristiques suivantes :

  • Etat d’éveil : nous sommes plus éveillés et ressentons une grande sensation d’énergie et de vitalité.
  • Acuité du raisonnement : les pensées sont plus rapides et claires, centrées sur l’urgence du moment
  • Confiance en soi : nous nous sentons prêt à affronter la situation
  • Etat de vigilance accrue : nous sommes plus attentifs, plus sensibles à notre environnement et présentons un état d’hyper vigilance. Notre conscience de nous-mêmes diminue et toute notre énergie est tournée vers l’extérieur.
  • La perception des émotions passe au second plan afin d’affronter la situation. Même si nous cherchons à répondre à nos besoins physiologiques tels que s’hydrater et s’alimenter… cela ne se centre que sur le strict nécessaire.
Publicités

Les équipes de secours et le stress

Cet article et les suivants s’attacheront à présenter la façon dont le stress affecte les équipes qui interviennent en situation de catastrophe. Dans un premier temps nous définirons ce qu’est le stress, ainsi que le stress spécifique des situations de catastrophe. Dans un second temps, nous listerons les moyens à notre disposition pour minimiser les effets du stress, la conduite à tenir devant les premiers symptômes quand demander de l’aide, comment prévenir de façon efficace les équipes d’intervention sur ce risque. Nous terminerons avec le contenu minimum d’une structure formative de prévention.

Les intervenants en situation de catastrophe sont exposés à des situations de stress hors normes et d’intensité sévère. Dans de telles situations ils vivent, affrontent et supportent des pertes humaines et matérielles. Ils sont exposés à diverses expressions de la douleur et doivent régulièrement supporter des sentiments d’impuissance, de souffrance et de désespoir. En définitive, ces situations sont hautement génératrices de stress (les personnels intervenants peuvent se voir exposés en une semaine à plus de situations de stress aigüe que la totalité de ce que vit la moyenne de la population au cours de son existence). C’est pour cela que les équipes d’intervention requièrent au niveau psychologique une attention et un soin particulier. L’être humain présente une haute vulnérabilité aux facteurs de stress et à leurs conséquences.

Les équipes exposée aux blessures physiques et psychiques durant l’accomplissement de leurs activités et cela peut interférer non seulement sur les capacités à agir au cours des interventions (l’intervenant peut alors perdre pied dans son travail et interférer sur celui de ses collègues), mais également dans la vie quotidienne, l’environnement social et familial et les situations totalement étrangères à la cause elle-même.

stress2

La diarrhée du voyageur

Voyager est une expérience formidable et enrichissante. Cependant elle peut être accompagnée de désagréments comme la célèbre « tourista » : la diarrhée du voyageur. C’est une maladie qui apparaît suite à l’ingestion d’aliments ou de boissons contaminés, ainsi qu’à l’exposition du système digestif à des aliments et des condiments nouveaux. Elle affecte 60% des voyageurs au cours d’un voyage de 2 semaines.

Zones à risque :

  • Risque faible (8 %) : Etats-Unis, Canada, Europe du Nord, Europe Centrale, Australie, Nouvelle-Zélande
  • Risque moyen (8-20 %) : Japon, Corée, Afrique du Sud, Israël, la plupart des îles Caraïbes, la partie nord du bassin méditerranéen, les îles de l’Océan Pacifique
  • Risque important (20-56 %):  la partie sud du bassin méditerranéen, les pays en voie de développement d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie

kritische-reisdoelen-FR

Pour éviter cela, quelques principes d’hygiène de base sont à respecter :

  • Se laver les mains ou utiliser une solution hydro-alcoolique avant chaque repas et après avoir été aux toilettes.
  • Faire attention à la qualité de l’eau.
  • Toujours choisir l’eau en bouteille fermée et préférer une marque connue à une marque locale.
  • Si seule une marque locale est disponible, préférer l’eau gazeuse à l’eau plate (les boissons gazeuses sont plus sûres : leur degré d’acidité plus élevé et le fait qu’il soit plus difficile trafiquer les bouchons sont deux garanties supplémentaires).
  • Décapsuler la bouteille soi-même.
  • S’il n’y a pas d’eau en bouteille capsulée disponible, il faut désinfecter l’eau pour la rendre potable.
  • Le thé et le café chauds (eau bouillie) sont de bonnes alternatives si de l’eau en bouteille n’est pas disponible (attention cependant, il est d’usage dans certains pays d’ajouter de l’eau froide au thé ou au café bouillant, avant de servir).
  • Les glaçons sont à éviter s’ils n’ont pas été préparés à partir d’eau pure (certains microorganismes peuvent survivre dans la glace).
  • Se brosser les dents avec l’eau du robinet peut comporter un certain risque, bien que généralement minime.

Il est impossible de savoir visuellement si une eau est potable ou non. Une eau limpide, de goût et de saveur convenables, peut malgré tout être contaminée par des bactéries, virus ou parasites.

Traitement de l’eau :

  1. Si l’eau est turbide, il faut tout d’abord la filtrer pour la clarifier (sur 2 épaisseurs de filtres à café).
  2. Eliminer les bactéries, les virus et les parasites
  3. L’eau peut encore contenir des métaux lourds ou autres substances chimiques, pour que l’eau soit tout à fait potable, elle devrait être filtrée sur du charbon activé (en pratique cette étape est facultative pour les séjours cours, le risque d’intoxication chronique n’existant qu’en cas de consommation prolongée, pendant des années).

Conseils par rapport aux aliments :

Eviter :

  • Les aliments non bouillis ou non cuits, les fruits sans enveloppe (et peler les fruits avec enveloppe soi-même avant de les consommer)
  • Les laitages, le lait non pasteurisé ou non bouilli, et les aliments à base de produits laitiers non pasteurisés ou non bouillis (crèmes glacées, pudding, crème dans le café)
  • Les repas contenant des oeufs crus ou insuffisamment cuits, les poissons crus ou insuffisamment cuits, les coquillages et crustacés en particulier,
  • La viande crue ou insuffisamment cuite,
  • Les mets trop épicés,

Privilégier :

  • Consommer des plats qui viennent d’être préparés et servis encore chauds (viandes, poissons et crustacés suffisamment cuits)
  • Protéger les plats des insectes
  • Eviter de manger des plats froids cuisinés d’avance

Les préparations industrielles congelées sortant d’un emballage d’origine et intact sont probablement sûres. Par contre, attention aux buffets froids, surtout lorsque la nourriture est étalée sur un fond de glace pilée, ce qui entraîne un contact direct avec l’eau de fonte. La nourriture sera protégée contre les mouches et autres insectes. Il faut éviter les restaurants infestés de mouches et autres insectes, ceux-ci étant un important facteur de contamination.

Références :
La diarrhée du voyageur , article écrit par le docteur Radu Dan Moisoiu, médecin du travail

Les fractures

La fracture d’un membre peut être « simple » ou « compliquée », avec ou sans déformation du membre, « ouverte » ou « fermée ». Ci-dessous un schéma présentant les différentes fractures possibles.

bone_fractures

  En fonction du type de fracture, de sa localisation, et des complications lésionnelles présentes, les critères de gravité que présente la fracture induisent une prise en charge préhospitalière médicalisée ou non, à caractère plus ou moins urgent. Dans tous les cas, quelque soit la gravitée de la fracture, la consutlation d’un spécialiste s’impose. Lorsque la fracture d’un membre est déplacée et présente une déformation importante, le réalignement est un geste souvent obligatoire, et doit s’effectuer avant toute immobilisation. Cette manœuvre délicate ne doit s’effectuer qu’après avis d’un médecin, et par un personnel formé et compétent en matière de prise en charge en traumatologie pré-hospitalière. Dans le cadre du secours pré-hospitalier, l’immobilisation est toujours provisoire. Elle nécessite une formation préalable et le strict respect des règles de base : l’immobilisation du membre ne doit générer aucun déplacement de ce dernier ni position vicieuse du membre et des articulations. Elle ne doit pas non plus entraîner de compression nerveuse ou vasculaire. Pour pouvoir être efficace,  l’immobilisation du segment fracturé doit inclure celle des articulations sus et sous-jacentes.

  Lorsqu’il s’agit d’une fracture ouverte avec plaie, il est indispensable au préalable de protéger la plaie et de pouvoir surveiller après immobilisation du membre.

  Le but d’une immobilisation est d’éviter toute aggravation de la lésion et toute complication liée à cette dernière.

Les entorses

   Quelle est importance de la prise en charge sérieuse des entorses ?
Dans la plupart des cas, si elles ne sont pas correctement prises en charge et soignées, ces lésions engendrent des conséquences non négligeables sur le long terme.

Qu’est-ce qu’une entorse ?
C’est une atteinte ligamentaire, qui peut être liée à une sollicitation répétitive, excessive et/ou trop importante, des ligaments d’une articulation. Les ligaments sont des faisceaux de tissus fibreux qui renforcent l’articulation en unissant les os entre eux. Ils sont très résistants et peu extensibles. Ci-dessous trois stades de gravité d’une entorse au genoux.

sante-entorse-gp7

  Les entorses sont souvent dues à de mauvais mouvements ou à des sollicitations impropres et brutales de l’articulation concernée. Cela entraîne une distension donc une perte de résistance des ligaments et, par conséquent, de l’articulation.

  Quelques symptômes associés à une entorse :

  • douleur vive
  • gonflement de l’articulation
  • apparition d’un hématome
  • impotence articulaire
  • arrachements osseux, et/ ou ruptures tendineuses
  • une compression vasculaire et nerveuse peut aussi apparaître, avec une perte de sensibilité et des fourmillements du membre et des extrémités.

Dans un premier temps il est important de ne pas solliciter l’articulation, de la mettre au repos et de l’immobiliser. Lorsqu’un hématome apparait il peut être judicieux de surélever l’articulation atteinte et de résorber l’hématome grâce à l’action du froid (glace, tissus imbibés d’eau fraîche, bombes de froid..). Les entorses mal soignées seront souvent répétitives, et peuvent être à l’origine d’une arthrose future.

Il est donc conseillé de consulter un professionnel de santé qui puisse dispenser les soins nécessaires et procurer les conseils adaptés à la situation dès que possible.

L’agitation

   Selon la définition du dictionnaire de psychologie ce terme est utilisé pour signifier une activité excessive et désordonnée.
Pouvant se traduire par des gestes de nervosité, l’agitation peut être une tentative, inadaptée, d’un sujet pour réduire un état de tension désagréable, dû à une situation pénible. Les expressions « instabilité psychomotrice » et « hyperkinésie » sont parfois utilisées pour désigner l’agitation de certains enfants.

Dans un contexte de soins l’agitation est considérée principalement comme un signe de gravité d’une détresse neurologique, respiratoire, cardiaque…

   Causes de l’agitation :

  • Psychologiques : anxiété, peur, maladie psychiatrique telle que la psychose maniaco-dépressive…
  • Syndrôme de sevrage (médicamenteux ou alcoolique)
  • Toxiques
  • Maladies neurologiques : Alzheimer, démence…
  • Méningite
  • A.V.C. : lors d’un Accident Vasculaire Cérébral l’agitation est très importante
  • Troubles physiologiques : hyponatrémie
  • Troubles respiratoires : hypoxie, hypercapnie
  • Hypo ou hyperglycémie : acido-cétose
  • Troubles hormonaux, hyperthyroïdie
  • Hyperthermie
  • Encéphalopathie hépatique

   Conduite à tenir face à une agitation:

  • rechercher et identifier la cause (le traitement de l’agitation se basant principalement sur celui de sa cause).
  • prendre les constantes : pouls, tension, température, fréquence respiratoire
  • recherche des signes cliniques associés : sueurs, vertiges, confusion, moiteur…
  • Etablir le score de Glasgow réaction pupillaires et déficits neurologiques éventuels